Une récente étude de Morgan Stanley, auprès d’entreprises britanniques ayant introduit l’intelligence artificielle depuis au moins un an dans leurs processus, a constaté une augmentation moyenne de la productivité de 11,5 % (avec des niveaux similaires aux États-Unis). D’autres études récentes (bien que non académiques) d’OpenAI et Anthropic avancent que les outils IA, comme ChatGPT, permettent aux employés de gagner 40 à 60 minutes par jour sur des tâches professionnelles, avec 75 % des salariés signalant une amélioration de la vitesse ou de la qualité du travail.
Ces résultats confirment une tendance de fond : l’IA générative ne se limite plus à des expérimentations ponctuelles, elle s’installe progressivement comme un outil de travail quotidien. Et pour comprendre ce qui explique réellement ces gains de productivité, il faut regarder non pas du côté de la technologie elle-même, mais de l’impact concret qu’elle a sur l’organisation du travail.
Une réduction de la charge cognitive
Dans de nombreuses organisations, une part importante du temps de travail est absorbée par des tâches peu visibles mais chronophages : trier des courriels, rechercher de l’information, consolider des données, vérifier des documents, reformuler des contenus, préparer des synthèses.
C’est précisément là que l’IA intervient aujourd’hui de manière la plus concrète. Non pas pour faire à la place, mais pour soulager la charge des équipes. En résumant, classant, extrayant et suggérant, l’IA agit comme un assistant qui réduit la charge et permet de se concentrer sur l’essentiel. Cela permet moins d’interruptions et une meilleure continuité dans le travail. La productivité ne progresse pas forcément parce que les équipes travaillent plus vite, mais parce qu’elles travaillent mieux, sans charges inutiles.
Des rôles qui évoluent au lieu de disparaître
Contrairement à l’idée reçue, l’IA ne remplace que rarement un rôle dans son ensemble, elle transforme plutôt la composition des tâches le constituant. Les activités répétitives tendent à diminuer, tandis que d’autres prennent plus d’importance :
- validation des résultats
- arbitrage
- compréhension des processus
- jugement humain sur des situations complexes, ambiguës ou inattendues
Autrement dit, l’IA déplace le centre de gravité du travail. Les équipes passent moins de temps à exécuter et davantage à superviser, interpréter et décider. Le risque n’est donc pas la disparition des métiers en tant que tels, mais le décalage entre des rôles qui évoluent et des organisations qui ne les redéfinissent pas clairement.
D’où viennent les résistances ?
Dans les entreprises, les résistances à l’IA ne se résument pas à la crainte de perdre son emploi. Elles sont souvent alimentées par un manque de compréhension : pourquoi cet outil est-il introduit, dans quel but, avec quelles règles, et pour quels usages concrets ? Sans communication claire, les équipes peuvent avoir l’impression de perdre le contrôle, de voir leur expertise moins reconnue, ou de devoir s’adapter seules à une technologie nouvelle.
C’est pourquoi les démarches les plus efficaces reposent sur deux piliers : une communication transparente sur les objectifs et les impacts attendus, et une formation progressive qui permet à chacun de s’approprier l’outil, de gagner en confiance et d’en tirer une valeur réelle dans son métier.
L’IA comme levier d’organisation
L’IA ne crée pas de valeur par elle-même : elle amplifie ce qui existe déjà. Dans une organisation structurée, elle fluidifie les processus, améliore la qualité du travail et renforce la capacité des équipes à se concentrer sur les décisions importantes. Dans une organisation floue, elle peut au contraire accentuer les irritants et les zones d’incertitude.
Selon un rapport du World Economic Forum, près de 23 % des emplois mondiaux devraient évoluer d’ici 2027, sous l’effet combiné de l’automatisation et de l’intelligence artificielle. Le rapport anticipe à la fois la réduction de certaines tâches répétitives et l’émergence de nouveaux rôles nécessitant des compétences différentes, notamment en analyse, en supervision des systèmes automatisés et en prise de décision.
Mais cette évolution peut être une opportunité majeure : l’IA ouvre la voie à des organisations plus efficaces, plus agiles, et à des métiers enrichis, où l’humain se recentre sur la valeur ajoutée — compréhension, jugement, arbitrage, relation, créativité. Les entreprises qui en tireront le meilleur ne seront pas celles qui chercheront uniquement à automatiser, mais celles qui sauront accompagner ce changement : clarifier les usages, former les équipes, et faire évoluer les rôles avec méthode. L’IA devient alors non seulement un levier de productivité, mais aussi un accélérateur de transformation positive et durable.
Chez TechNuCom, nous accompagnons les entreprises avec une approche pragmatique « par petits pas », pour identifier rapidement les cas d’usage simples à mettre en œuvre et obtenir le retour sur investissement le plus rapide, tout en embarquant durablement les équipes.
